Nichés au cœur d’un massif boisé, les vestiges du château féodal de Fressin témoignent d’une histoire riche. Construit par Jean V de Créquy au milieu du XVème siècle puis rapidement abandonné, le site se trouve au cœur des conflits entre royaume de France et Pays-Bas Espagnols à l’époque moderne. Détruit en 1658, le site est sauvé et mis en valeur dès le milieu du XIX siècle et demeure aujourd’hui un site touristique majeur dans le Haut-Pays d’Artois.

Résidence aristocratique, abandonnée dès 1515, le château de Fressin a connu les vicissitudes de la guerre, qui devient endémique dans le Nord de la France à partir de la fin du XVème siècle. Le château de Fressin fut  donc une pièce non négligeable dans la défense de la région. Il permettait de contrôler, et au besoin de verrouiller, la vallée de la Planquette, passage habituel des troupes qui allaient et venaient entre Thérouanne et Hesdin : deux places fortes dont les adversaires ne cessaient de se disputer la possession. Convoité par beaucoup, il faillit déjà être détruit par les Anglais en 1522. Accouru d'Hesdin, M. de Créquy, frère de Pont-Rémy repoussa leur assaut. Trois ans plus tard en février 1525, Philippe de Croy, seigneur d'Arschott, l'un des chefs de l'armée de Charles Quint s'en empara. En 1557, les Français qui venaient de réoccuper Hesdin, perdu en 1526, mirent dans le château de Fressin une garnison composée de Gascons et d'Italiens. En juillet 1544, pendant que les Anglais assiègent Montreuil, un détachement de leurs hommes occupe le château de Fressin avec pour mission de protéger le passage de leurs convois de vivres. Les Français de la garnison d'Hesdin vinrent un jour enlever ce poste par surprise. Il devait être finalement repris aux français en 1552 par Adrien de Croy, comte de Roeulx, général des armées impériales. Le château tomba ensuite dans l'oubli. En 1639 la prise d'Hesdin rattacha définitivement le pays à la France. Mais la révolte de Balthazar de Fargues devait être fatale au vieil édifice. Cet aventurier s'était rendu maître d'Hesdin, avec le soutien de l'Espagne. Il fit détruire tous châteaux environnants. En 1658 celui des sires de Créquy fut donc détruit à l'explosif.

Avec les domaines de Fressin et Créquy, les vestiges passèrent par alliance des Créquy-Blanchefort aux la Trémoille, puis aux la Tour d'Auvergne. Sous la révolution ils furent vendus à un meunier qui les restitua en 1804 à leur ancien propriétaire. En 1852, les héritiers de la marquise de Dufort-Civrac, née la Tour d'Auvergne, les cédèrent au baron de Seillière. Ensuite, changeant de nombreuses fois de propriétaires, les vestiges tombèrent dans l'oubli et la nature reprit ses droits.

Depuis 1993 des fouilles archéologiques ont été entreprises et ont mis à jour des souterrains, des salles, des puits qui sont désormais ouverts au public. Le site par lui-même s'est agrémenté également d'un jardin médiéval avec deux conservatoires de plantes uniques en Europe. Il comprend également un bestiaire, un jardin d'Eden... Il ne s'agit donc pas d'un parc floral ou d'un jardin paysager classique et à ce titre l'association Sub-Artésia a effectué un travail remarquable avec Guy François. "Ici le temps s'est arrêté avec le départ des hommes : haines, amours, fureurs, se sont éteintes. Il n'y a plus que ruines et vestiges, mais la vie a conservé ses droits : arbres et plantes ont occupé le terrain, les oiseaux ont repris leurs chants."

Durant quelques années, des bénévoles ont essayé de faire revivre ce château chaque été au travers un "Son et Lumière", consacré à la légende de Raoul de Créquy, qui a remporté à chaque fois un vif succès. Puis l'Association du Château a pris le relais pour gérer et donner vie au site. Avec là aussi un certain succès. L'Association des nuits enchantées propose aussi tous les étés un spectacle nocturne avec Dame Brunehilde qui rencontre un franc succès. Les vestiges du château sous la lune ont un autre charme. 

Découvrez les ruines du château vues du ciel sur cette magnifique vidéo d'Albert Speelman: